Bonsoir. Prof de svt...
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Bonsoir. Prof de svt, je tombe sur votre site dans le cadre d'une recherche d'une banque de données pour les exposés de mes 3èmes. Tombée d'abord sur l'historique de l'IVG, je n'ai pas compris tout de suite... et puis, arg, je me suis trouvée horrifiée... Nous sommes au XXIème siècle, braves gens, il est peut-être temps de sortir un peu de l'abominable et systématique culpabilisation judéo-chrétienne, non ? Je vais finir par croire que les pires intégristes ne sont pas ceux que l'on croit. Je n'ai jamais eu recours à l'avortement parce que j'ai fait bien attention, et parce que, aussi, j'ai eu de la chance (Dieu merci ?). J'ai fait attention, donc, en utilisant des moyens de contraception. Mince, c'est mal aussi, ça, non ? J'ai aujourd'hui deux filles désirées, aimées, chéries. Je ne leur souhaite pas d'avorter, jamais. Parce que c'est dur, parce que c'est moche. Je serai là pour leur expliquer tout ce qu'il faut pour qu'on n'en arrive pas là. Comme je m'applique à le faire avec mes élèves. Mais si, un jour, (parce que ses voies sont drôlement impénétrables, hein !), elles devaient avoir moins de chance que moi, je serai là aussi. Soulagée qu'elles aient le choix, un tout petit peu, de ce qu'il adviendra de leur vie. Sans les forcer jamais en quoi que ce soit, je serais alors bien heureuse d'être dans un pays un poil civiisé, qui ne résume plus la femme à une pondeuse. Mes filles pourront rire un peu, même s'il faut grimacer parfois. Mon message ne sera certainement pas publié sur ce site tellement obectif...n'empêche... le libre choix, ça vous dit quelque chose ? Ce qui est sûr, c'est que vous ne ferez pas partie de ma base de donnés... Dieu m'en préserve !
Un pays civilisé? Vous rigolez j'espère? Un pays où, au lieu d'utiliser l'argent public pour aider les femmes en détresse, aider les toutes jeunes filles à poursuivre leurs études malgré une grossesse, on les pousse à avorter parce que ça débarrasse tout le monde du problème! Ca coûte moins cher une intervention de 10 min que neuf mois de soutien matériel, psychologique d'une femme, plus des mois du même soutien pour la femme ET le nourrisson. Ce serait cependant plus humain. N'allez pas dire que c'est une question de civilisation, c'est une question de fric.
Deuxième point: vous refusez de voir que la question se pose au départ, à savoir: est-il bon que les enfants à 16 ans aient déjà des relations sexuelles? Quand je vois mes élèves, qui ne sont que de gros bébés, et qui ont déjà pour la plupart des relations qui vont si loin je suis effrayée. A cet âge je ne pense pas qu'on soit assez mature pour aimer réellement, ni assez fort pour se protéger des déceptions amoureuses, ou, pour une fille, se remettre d'une première fois gâchée. Il y a toujours des exceptions, des amours grands et forts qui peuvent naître précocément, mais je n'en ai pas encore vu... Je crois que nos élèves feraient mieux de "passer leur bac d'abord". Nous aurions aussi moins de grossesses catastrophiques. Et ce n'est pas là une question de sexe avant le mariage, il faut arrêter de tout lire via le prisme anticlérical ou anti-catho. Ce n'est pas parce qu'on croit en Dieu qu'on n'a pas un point de vue qu'il soit légitime d'exprimer.
Troisième point: La culpabilisation judéo-chrétienne. Vous parlez de grenouilles de bénitiers, qui étaient hélas, au moment de la loi Veil, légion dans les églises. Le vrai chrétien est cependant celui qui est charitable, qui agit avec bonté sans porter de jugement car le jugement appartient à Dieu, et que Jésus a donné l'exemple avec la femme adultère et le bon samaritain. De plus n'importe quel honnête homme s'abstiendra de juger une jeune fille enceinte car 1) ce n'est pas la marque, pour la jeune fille, d'un esprit frivole; il suffit d'une fois, ça ne veut rien dire sur elle ou sa sexualité; 2) de plus c'est quand même un peu fort de regarder les filles mères de travers alors que les papas irresponsables sont toujours épargnés; 3) même frivole, quelle importance? la vie consiste à devenir meilleur, pas à regarder si le voisin est mieux ou moins bien que nous!
Cette culpabilisation dont vous parlez est le fait de mauvais chrétiens. En fait, si des pères de famille n'avaient pas jeté dehors des filles enceintes; si des villages entiers ne les avaient pas rejetées; si des générations d'hommes ne s'étaient pas comportés comme les derniers des salopards, la loi n'aurait jamais été pensée. En fait, la loi correspond à l'état de générosité de notre société: lamentable. Elle permet à des filles de se débarrasser d'un bébé qu'elles ne peuvent pas assumer FAUTE DE SOUTIEN parental, faute du soutien du copain. Elle permet à la société de ne pas pourvoir à leurs besoins. Si vous appelez cela être civilisé, c'est qu'il faut revoir votre définition de ce mot.
Quatrième et dernier point: responsabilisons nos filles ET nos garçons. Malgré la contraception gratuite, accessible, distribuée, vendue partout, ils DOIVENT SAVOIR que les grossesses arrivent. Parce qu'on oublie la pillule, ou parce que dans l'excitation du moment on se persuade assez facilement qu'il n'y a pas de risques. Parce qu'on prend un médicament qui neutralise la pillule, ou que sais-je encore. ILS DOIVENT SAVOIR que dans cet acte ils ont le "pouvoir", si merveilleux lorsqu'il est employé sciemment, de faire un enfant. Et sachant cela, je trouve que leur donner la possibilité de jeter l'enfant à la poubelle contribue à les dé-responsabiliser. S'il y pensaient davantage, peut-être réfléchiraient-ils aussi davantage à l'amour vrai, l'amour qui se donne réellement. Que valent les mots doux d'un homme/d'une femme qui est prêt(e) à se débarrasser de l'enfant de l'autre?
Cinquième point, finalement je suis intarissable, c'est peut-être le fait de parler à une collègue: un problème qu'on n'aborde jamais est celui du rôle du père, disons géniteur. Imaginez un cas où une femme ne veuille pas de l'enfant mais que le père le désire? Il n'a aucun droit. Mon mari a accueilli mes trois grossesses avec tant de joie, et lors d'un retard un test négatif a été une immense déception pour lui. Je n'avorterai jamais, mais parfois j'imagine un homme comme mon mari, heureux que sa compagne soit enceinte, et qu'elle décide, parce que c'est trop tôt, trop tard, ou que c'est l'enfant de trop, d'avorter... Je pense cependant que le cas est rare car une femme soutenue a plus de chances de vouloir mener à terme une grossesse même imprévue. En tout cas cette loi a cette faille majeure, l'effacement total du père. Il n'est pas normal qu'il n'est pas son mot à dire.
Amicalement.



Bonjour. Nous sommes au XXIe sciècle, et les intoléranst ne sont pas ceux qu'on croit... Ce sont bien ceux qui refusent tout discours un peu dissonant, en traitant l'interlocuteur d'intégriste, sans vraiment bien connaître le sujet.
Petite remarque néanmoins quant à la "libération de la femme" grâce à l'avortement. On remarque en effet de très nombreuses femmes subissent des pressions pour avorter (de leur famille ou de leur compagnon, notamment avec le chantage à la rupture : il faut dire que la femme est généralement dans une situation psychologique difficile au début d’une grossesse non désirée, donc particulièrement fragile), et l'avortement a permis en Asie, non pas de libérer la femme, mais de l'éliminer : c'est l'avortement sélectif. Pour des raisons culturelles, les petites filles sont éliminées avant leur naissance. Ce qui conduit à une situation désastreuse pour les femmes qui y survivent : viols en hausse, de l’avis même du gouvernement chinois, exploitation, trafic, prostitution…
Sinon, ce site ne parle d'ailleurs ni de catholicisme, ni de contraception : vous ne semblez pas l'avoir bien lu avant de le critiquer.
Dommage enfin que vous ne donniez pas à vos étudiants l'occasion de voir différents points de vues.