Espagne et avortement : une loi à suivre en 2009

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La ministre espagnole de l'Egalité, Bibiana Aido, a annoncé aujourd'hui qu'une nouvelle loi sur l'avortement serait présentée au Congrès des députés au premier semestre 2009.

"Il n'est pas possible qu'une femme volontaire pour interrompre sa grossesse en Espagne rencontre des difficultés", a déclaré la ministre à l'issue d'une réunion du comité d'experts sur l'avortement, qui doivent aider à l'élaboration de la nouvelle loi. Cette dernière visera notamment à garantir la sécurité juridique des femmes qui souhaitent avorter et des médecins pratiquant l'avortement, a ajouté Aido, qui n'a pas donné davantage de détails sur cette future loi, qui pourrait entrer en vigueur fin 2009 ou début 2010.

Une prise de position qui fait suite à l'annonce ce mois-ci par le parti socialiste de Zapatero de la volonté de relâcher la législation sur l'avortement.

 

Une déclaration pour le moins étonnante, alors que le sujet de l'avortement a fait scandale par deux fois dans la presse espagnole. Une étude Danoise avait révélé que des cliniques réalisaient des avortements tardifs sur des foetus parfaitement viables (capable de survivre en cas d'accouchement) contre des sommes extravagantes (4000€ par IVG). Une enquête qui a aboutit à de nombreuses arrestations, notamment celle du propriétaire de quatre cliniques, Carlos Morin (photo ci-contre). Ce, alors que quelques mois auparavant, une caméra cachée espagnole avait, pour la première fois à la télévision, montré un avortement, et la gêne profonde du corps médical le pratiquant.

 

Une histoire qui a aussi fait la une en France, comme l'atteste la vidéo qui suit :

L'Espagne a décriminalisé l'avortement en 1985, mais seulement pour certains cas : jusqu'à 12 semaines en cas de viol, et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus. Enfin, jusqu'à la veille de la naissance si la grossesse représente un danger physique pour la mère, ou un danger mental. Du coup, l'écrasante majorité des grossesses ont lieu dans des cliniques privées et invoquent un danger mental le plus souvent fictif.

Source : Le Figaro, Yahoo! News