Après un précédent procès qui avait abouti le mois dernier à plusieurs condamnations à de la prison ferme,
l'Etat indien s'attaque désormais à la racine du mal qui sévit en inde : les cliniques privées pratiquant l'avortement sélectif, c'est-à-dire donnant illégalement le sexe de l'enfant. Si le foetus
se révèle être une petite fille, elle est très fréquemment avortée. Une pratique à l'origine d'un très grave déséquilibre démographique dans le pays : il manque plus de 40 millions de filles en
Inde. Selon des journalistes locaux, un marché de la femme commence même à s'organiser : des pères viennent vendre leur fille en mariage.
Avant-hier, la police a pris sur le fait un docteur. Un flagrant délit de sélection
du sexe de l'enfant qui a conduit non seulement à l'arrestation du médecin, mais aussi de la femme enceinte et de son mari. Cependant, si le médecin et le mari ont été mis en détention provisoire,
la mère est restée à l'hôpital.
Des arrestations et des condamnations qui font suite aux déclarations fermes du premier
ministre indien (photo ci-contre) sur le sujet. Il avait en effet déclaré en avril dernier "Aucune nation, aucune société, aucune communauté peur tenir la tête haute et
prétendre faire partie du monde civilisé s'il conduit une politique de discrimination envers la moité de l'humanité : les femmes".
Le nombre de filles nées en Inde a atteint un plus-bas historique, victimes de la préférence des familles pour un héritier mâle. L'organisation britannique
ActionAid a mis en garde contre une génération perdue de femmes.
Le ratio garçons/filles, âgés de moins de six ans, est dorénavant inférieur à celui du dernier recensement de 2001, dans quatre des cinq Etats du nord et du nord-ouest de l'Inde où l'enquête a été
menée dans plus de 6000 foyers. "Et le fossé s'agrandit", avertit l'organisation.
Tandis que le ratio normal devrait se situer à environ 950 filles par millier de garçons nés, il n'est par exemple que de 789 à Kangra, dans l'Himachal Pradesh (nord). Le phénomène est partout
aussi bien à la campagne qu'à la ville, parmi les classes aisées et défavorisées.
L'organisation appelle les autorités indiennes à une plus grande sévérité dans l'application des lois interdisant la détection prénatale du sexe d'un enfant ainsi que l'avortement sélectif.
Elle demande aussi des actions, notamment afin de changer les mentalités de nombreuses familles qui considèrent encore les filles comme une charge financière en raison de la traditionnelle dot.
Source : LifeNews,
SDA-ATS News Service
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